Depuis 1936, Maison Michel crée selon des savoir-faire uniques des chapeaux et accessoires de tête d’exception. La Maison confectionne des pièces destinées au prêt-à-porter et à la Haute Couture. Depuis 2006, l’atelier crée et distribue ses propres collections sous la marque Maison Michel.
Le processus de création d’un chapeau Maison Michel débute bien avant l’atelier de couture. Le formier, véritable sculpteur de la ligne, imagine la silhouette du chapeau avant même qu’elle ne prenne corps. À partir d’un bloc de bois de tilleul, il coupe, assemble, râpe et sculpte la matière pour créer une forme unique. Dans les archives de Maison Michel, plus de 3 000 formes patiemment façonnées et conservées au fil du temps constituent un patrimoine vivant de volumes, de calottes et de bords interchangeables, enrichi au fil des collections.
Du choix de la matière aux premiers gestes, le chapelier transforme la matière brute en pièces iconiques. Chaque matière a ses spécificités : le feutre, rendu malléable par la vapeur, est tendu et modelé à la main sur le bois, sans jamais garder la trace du passage de l’outil. Trempée, apprêtée, séchée puis fixée sur une forme en bois, la paille tressée naturelle est manipulée à de multiples reprises par le chapelier pour lui donner sa forme définitive.
La laine, plus dense, se prête à des formes structurées ou souples selon la coupe et le traitement choisis. Dans cette succession de gestes, la mise en forme – soit la manière de sculpter la matière souple – constitue une étape essentielle, au cours de laquelle les chapeaux sont façonnés à la main à l’aide de blocs de bois sur lesquels la matière est tendue, épinglée, puis fixée à la vapeur.
Les modistes prennent ensuite le relais pour donner vie à la création, dans un travail de définition et de finition d’une extrême précision. Ils posent l’entretête, la griffe, le ruban, et choisissent les garnitures, du gros-grain aux plumes en passant par les voiles, les galons de soie ou les broderies, qui sont ensuite fixées à la main, parfois à l’aide de machines anciennes adaptées aux matériaux les plus délicats. Parmi leurs autres savoir-faire emblématiques, la paille cousue, réalisée la machine Weismann, où des bobines de paille de chanvre de différentes couleurs sont cousues en colimaçon pour former des chapeaux aux volumes audacieux.
La transmission de ces savoir-faire occupe une place centrale dans la vie de la Maison. Souvent issues d’établissements parmi les derniers à proposer une formation chapellerie, à l’image des lycées Octave Feuillet, Camille Claudel et La Source, les nouvelles recrues suivent un apprentissage progressif, fondé sur la pratique et l’observation. Apprendre à reconnaître la densité d’un feutre, ajuster la température d’un fer, comprendre la réaction d’une paille face à la vapeur… Un vocabulaire sensible, qui s’acquiert lentement, au fil du temps.
Fondée par Auguste Michel en 1936, la Maison se distingue par la qualité exceptionnelle de ses finitions, la précision de ses volumes et la rigueur de son exécution – autant de signatures qui forgent son identité. En 1968, Claudine et Pierre Debord reprennent l’atelier avec la volonté d’en préserver l’âme tout en l’inscrivant dans le dynamisme de la couture contemporaine. Parce que la modernité émerge aussi de la maîtrise du geste, ils font renaître un outil emblématique du métier : la machine Weismann, remise en service en 1975. Rare et précieuse, elle illustre à elle seule la philosophie de la Maison : conjuguer innovation et tradition, légèreté et solidité, élégance et fonctionnalité.
Près d’un siècle après sa fondation, Maison Michel est toujours animée du même engagement : préserver la tradition de la chapellerie française tout en répondant aux exigences du monde contemporain. Depuis 2006, elle développe et distribue également ses propres créations sous la marque du même nom.
En 1997, Maison Michel rejoint l'écosystème des Métiers d’art de CHANEL. Depuis 2021, Maison Michel compte parmi les Maisons d‘art résidentes du 19M.